Dans une société qui s’interroge sur la capacité du modèle économique dominant à construire des réponses adaptées pour relever les défis de notre temps, une réflexion collective s’impose pour jeter les bases d’une autre façon de« faire de l’économie » et de « pratiquer du social ». L’individualisme dominant des comportements, la perte de confiance dans l’efficacité des corps intermédiaires, le désengagement de l’Etat et des collectivités territoriales dans une mondialisation sans contrôle interpellent plus que jamais la société civile dans sa capacité à participer à la construction d’une « autre économie » celle qui, dans le respect des hommes et de leurs territoires, porterait les valeurs de la responsabilité, du partage, de la solidarité et de la fraternité.
A un moment historique singulier où le trouble est amplifié par l’incapacité de l’Europe à savoir répondre aux aspirations de ses habitants, l’effacement des Etats-Unis sur la scène politique mondiale et la montée irrésistible des pays émergents, de nouveaux acteurs oeuvrent, souvent dans l’indifférence générale, à la défense de l’intérêt général. Les associations gestionnaires en relèvent pleinement. Elles proposent de nouvelles méthodes d’approche du développement économique et social appuyées sur l’implication de la société civile sur des territoires de projet.
Au-delà des principes souvent proclamés mais pas toujours respectés qui guident leurs actions, les organisations de l’économie sociale et solidaire, et en premier lieu les associations, se posent une question clé qui est celle de leur propre gouvernance. Existe- t-il des règles universelles dans le management qui s’appliquent indifféremment aux sociétés commerciales, aux Etats, aux collectivités territoriales, aux structures de l’économie sociale et solidaire ou tout au contraire les « spécificités méritoires » de ce qui n’est encore qu’un « tiers secteur » appellent-elles à des modes de gouvernances spécifiques ? Peut-on entreprendre différemment, gérer différemment, construire différemment dans une société soumise à la dictature des marchés et au découragement de beaucoup de ses acteurs ? Faut-il réinventer un modèle d’entreprise sociale ?
Notre hypothèse de travail soumise au débat est que ces mouvements ont capacité à construire de nouvelles méthodes de gouvernance et de management. |